Schéma concernant l'acte d'apprendre réalisée par des étudiantes.

Travail en commun par les étudiantes Marie, Angélique, Emilie, Pascaline, Anne-Gaëlle de Master TEF, Rennes 2 au premier cours de Brigitte Albero, année 2005-2006 : http://ticeducation.xwiki.com/xwiki/bin/download/Main/Know2/Apprendre+%28notre+groupe%29.pdf

Les 3 éléments des conditions d'apprentissage sont :

DECENTRATION, DISTANCIATION, OBJECTIVATION.

Synthèses schématiques des actes d'apprendre et de ne pas apprendre

Synthèses réalisées par Brigitte Albero et ses étudiants de Master 2 TEF de Rennnes 2, année 2005-2006.

APPRENDRE : http://ticeducation.xwiki.com/xwiki/bin/download/Main/Know2/apprendre.pdf

NE PAS APPRENDRE : http://ticeducation.xwiki.com/xwiki/bin/download/Main/Know2/ne+pas+apprendre.pdf

Conférence d’André GIORDAN

Directeur du laboratoire de didactique et épistémologie des sciences de Genève et ancien instituteur Freinet et professeur de collège

A partir de ce que mon entendement m’a permis de saisir … (S. Connac)

L’école génère souvent de l’échec et de l’ennui avec une diminution du désir d’apprendre.

« Pas de cours qui ne soit dicté par la motivation. » (Freinet)

Aujourd’hui que peut-on dire sur apprendre ?

Beaucoup d’idées fausses : apprendre = accumulation de savoirs.

Il existe plusieurs conceptions :

Première approche : l’apprendre frontal avec une transmission frontale et linéaire des savoirs.

C’est une simple mécanique de réception et d’enregistrement. Le cerveau de l’apprenant est vierge et toujours disponible. Il faut que la personne qui parle et celles qui écoutent se posent les mêmes questions. Il faut aussi qu’ils aient le même cadre de référence (même mots, même évocations…) Il faut raisonner de la même façon. Il faut produire du sens de la même façon. Très souvent il y a différentes façons de prendre le monde.

Deuxième approche : le modèle behavioriste, à partir de fiches qui conditionnent par l’intermédiaire de comportements attendus.

C’est une bonne méthode pour l’apprentissage de gestes et techniques. Le plus gros problème qu’on va trouver, c’est celui de la motivation.

Troisième modèle : le constructiviste des psychologues : c’est l’enfant qui va construire son savoir à partir de lui-même (conflit cognitif, tâtonnement expérimental, …).

C’est intéressant pour construire du savoir mais c’est une pédagogie qui a montré des limites. Le problème c’est que très souvent une idée fausse qu’un enfant très jeune peut avoir est conservée malgré des pratiques pédagogiques de type constructiviste. Qu’est- ce qui a fait que l’ancrage est si fort ?

Quand apprend-on?

On apprend à partir de ce qu’on sait.

Très souvent, on n’arrive pas à faire évoluer les représentations ce qui interdit de lire le monde. On interprète ce que l’on voit à travers ce que l’on a envie de voir. On peut même voir des choses qui n’existent pas.

Avec les pédagogies actives, l’enfant vient en classe avec ses questions et ses façons de raisonner. Avec nos méthodologies, on va l’amener à mobiliser des savoirs mais malheureusement, il revient souvent à ses savoirs initiaux.

Apprendre ne passe pas par des recettes. Apprendre requiert une dynamique, l’élève est auteur de son propre apprentissage.

Seul, on peut apprendre mais on n’apprend pas tout seul dans son coin. Il peut le faire parfois mais pas systématiquement. On n’apprend pas dans le préceptorat mais dans environnement collectif dans lequel l’équipe pédagogique a sa place tout autant que les centres de ressources.

L’élève apprend à partir de ce qu’il est et ce qu’il sait déjà. Il convient d’avoir des outils, par exemple connaître les conceptions des enfants, les obstacles des apprenants.

Apprendre est un processus paradoxal voire conflictuel pour l’apprenant. Il apprend souvent contre ses conceptions. C’est parce qu’on dépasse une certaine cohérence qu’on arrive à apprendre.

L’objectif est de permettre à l’élève de transforme son système de penser. Il s’agit de faire avec pour aller contre.

Notre école n’a pas d’histoire parce qu’on réinvente toujours la roue.

J’apprend si… __

  • je prends appui sur mes conceptions
  • je me lâche
  • je suis concerné, interpellé, questionné
  • j’y trouve un plus (intérêt, plaisir, sens, …)
  • j’ai confiance (moi, situation, médiateur)
  • je me confronte (autres, réalité, informations, au-delà de la mise en commun où l’on ne se comprend pas)
  • je fais des liens
  • je trouve des aides à penser (symboles, schémas, métaphores, modèles)
  • j’ancre les données
  • je mobilise mon savoir
  • je prends conscience du savoir (intérêt, structure, processus, … le savoir sur le savoir, qu’est-ce qu’un savoir scientifique ? …)
Dès que l’un de ces éléments manque, généralement, l’élève n’apprend pas. De plus, ces éléments doivent être en système et doivent faire l’objet d’une régulation. Par exemple, pour que l’élève se lâche, il faut le perturber mais pas trop parce que sinon il part. Enfin, il peut arriver que tout ces éléments soient réunis et que l’acte d’apprendre reste impossible.

__Enseigner : la complexité aujourd’hui : qu’apprendre aujourd’hui et pourquoi ?

Qu’est-ce que c’est qu’une école qui ne fournit pas les repères pour notre époque ? Très souvent, on est très limité parce qu’on reste sur des modèles anciens.

Freinet avait voulu introduire les techniques de l’époque : imprimerie, radio, cinéma, … Aujourd’hui, on se trouve face à des problèmes d’environnement. De quels savoirs avons-nous besoin pour les appréhender ?

A l’école primaire

  • favoriser une initiation à l’éducation à l’environnement, la santé, l’éducation scientifique et technologique, l’éducation à la citoyenneté. L’école comme lieu de citoyenneté avec des valeurs à partager et avec des dispositifs pédagogiques.
  • pas seulement des savoirs disciplinaires, les savoirs transversaux à partir de savoirs et concepts organisateurs. Par exemple, une organisation.
  • des attitudes et des démarches : savoirs-être, attitudes ; savoirs-faire, démarche ; savoirs et concepts organisateurs ; savoirs sur les savoirs : par l’intermédiaire d’approches systémiques (le tout est bien plus que la somme des parties et le tout peut être dans la partie.) notamment pour comprendre la complexité, l’aléatoire, l’incertain.
Apprendre à lire, écrire et compter est nécessaire mais pas suffisant. Il manque les images, les hypertextes, l’informations…

Il y a également une priorité au désir d’apprendre, aux outils d’apprendre. Ces nouveaux savoirs passent notamment par l’introduction de moments philosophiques.

« La mer est le ciel des poissons »

« Ne faites pas de la pédagogie une retombée des sciences dures. »