LE TRAITEMENT DES EAUX USEES
Afin d'entraver le phénomène de la pollution, certaines communes ont construit des stations d'épuration afin de nettoyer l'eau, de la rendre plus pure avant de la rejeter dans la nature.
Dans la plupart des stations d'épuration modernes, les eaux d'égout passent à travers des grilles qui enlèvent les cailloux et les gros objets. Ensuite les matières solides se déposent dans des bassins de décantation. Les liquides passent dans des bassins d'aération où les bulles d'air injectées aident les bactéries à éliminer les matières organiques et les matières flottantes(huiles...), c'est le traitement d'affinage. Puis les liquides passent dans un autre bassin de décantation où les dernières boues se déposent. Une dernière désinfection avec l'épuration biologique permet également d'éliminer toutes les bactéries présentes dans l'eau. Il reste, à la fin, de l'eau épurée qui peut être déversée dans la mer ou dans les rivières. Les boues sont récupérées, séchées et peuvent servir d'engrais pour les agriculteurs.
Quelques données chiffrées.
Réalité en chiffres.
Plus d'un milliard de personnes ne disposent pas d'une eau saine et proche.
2,6 milliards ne disposent pas d'une évacuation des eaux usées,
Huit millions de personnes meurent chaque année de maladies liées à une eau souillée, stagnante ou polluée, comme le choléra, la diarrhée ou la typhoïde, la moitié étant des enfants de moins de cinq ans.
L'Asie regroupe 60 % des habitants de la planète mais ne détient que 33% des réserves d'eau. Tandis que l'Amérique du Sud détient 25% des réserves mondiales d'eau pour seulement 6 % de la population.
Le pourcentage d'eaux usées réellement traitées avant le retour au milieu naturel s'élève à moins de :
- 10 % en Afrique,
- 14 % en Amérique latine et dans les Caraïbes,
- 20 % en Asie,
- 66 % en Europe,
- 90 % en Amérique du Nord.
La moyenne des pertes enregistrées dans le monde à cause de fuites dans les réseaux de distribution s'élève à 50%.
Accéder à l'eau potable, c'est disposer de 20 litres d'eau saine par personne, disponibles à moins d'un kilomètre.
Il faut en moyenne 3 000 litres d'eau par personne pour produire une ration alimentaire quotidienne. 40 % de l'alimentation mondiale est produite par des systèmes d'agriculture irriguée. Or 20 % à 60 % de l'eau prélevée s'évaporent pendant l'opération.
2030 en chiffres.
Il est prévu pour 2030 que les besoins en nourriture augmententde 55 %.
En 2030, 8 milliards d'habitants devront se partager les mêmes réserves.
Les volontés en chiffres.
En 2030, les deux tiers de la population mondiale vivront dans des villes, dont 2 milliards de personnes dans des bidonvilles.
Les investissements nécessaires pour atteindre les objectifs du millénaire sont évalués entre 7,5 et 25 milliards d'euros annuels.
260 000 personnes supplémentaires devraient être raccordées chaque jour au réseau d'eau potable et 370 000 à l'assainissement.
FORUM MONDIAL DE L'EAU : ETAT ACTUEL, ATTENTES ET VOLONTÉS
Le forum
Plus de 5000 participants sont attendus, du 16 au 22 mars, au 4e Forum mondial de l'eau à Mexico. Cette manifestation, organisée sous l'égide du Conseil mondial de l'eau (CME), qui siège à Marseille, a lieu tous les trois ans. Le Forum va rassembler politiques, techniciens, experts, entreprises et organisations non gouvernementales, afin de faire "avancer la cause de l'eau" dans le monde.
Etat de la situation
- Les objectifs actuels correspondent aux problèmes que rencontrait la France dans les années 1930, c'est à dire avec de l'eau au robinet dans les grandes villes et de l'eau au puits dans les campagnes. Pour l'assainissement en tant qu'une simple évacuation des eaux usées par les égouts, la situation correspond à la France des années 1960.
- L'eau recouvre 70 % de notre planete mais seulementt 0,3 % sont facilement accesibles et renouvables.
En Amérique latine, en Afrique, en Asie, plus d'un milliard de personnes ne disposent pas d'une eau saine et proche. Et 2,6 milliards ne disposent pas d'une évacuation des eaux usées. Les populations concernées vivent, pour les deux tiers, dans les bidonvilles de mégalopoles en croissance exponentielle.
L'eau insalubre est la première cause de mortalité sur la planète, avant la malnutrition.
Chaque année, 8 millions de personnes meurent de maladies liées à la présence d'eaux stagnantes ou polluées, comme le choléra, la diarrhée ou la typhoïde.
La moitié sont des enfants de moins de cinq ans, cela revient à 6000 enfants qui meurent chaque jour.

Entre 1940 et 1990, la conso d'eau a quadruplé. Il est prévu pour 2030, une augmentation qui pourrait être de 650 %. En 2030, les deux tiers de la population mondiale vivront dans des villes, dont 2 milliards de personnes dans des bidonvilles. Cette population urbaine pauvre sera la principale victime du manque d'eau.
- L'eau douce est très inégalement répartie sur terre. Malgré le fait que ce soit une ressource renouvelable et en abondance sur Terre, ses réserves annuelles par habitant diminuent, et souffrent de pollutions liées aux activités humaines et à la croissance démographique.
| Place | Population mondiale | Réserves d'eau |
|---|
| ASIE | 60,00% | 30,00% |
| AMÉRIQUE DU SUD | 6,00% | 25,00% |
Le Canada, l'Amérique du Sud, l'Océanie, l'Europe du Nord, l'Afrique équatoriale sont généreusement arrosés. Tandis qu' un "triangle de la soif" selon l'expression de Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau (CME), relie Gibraltar, la Corne de l'Afrique et le Pakistan.

La relation entre le nombre d'habitants et les eaux s'écoulant dans les fleuves et les rivières, ou stockées dans les cavités souterraines, détermine le "stress hydrique" et les risques de pénurie.
- L'impuissance de la communauté internationale et des Etats concernés n'est pas liée au manque de ressources en eau mais à l'incapacité d'organiser le prélèvement de cette eau et sa distribution auprès des habitants. Dans les pays d'Afrique équatoriale ou d'Amérique latine, où l'eau est abondante, entre la moitié et le quart de la population n'a pas accès à une eau saine. Au contraire, dans certains pays arides, le service est assuré à 100 %. Les raisons de la crise sont avant tout politiques et financières. Les investissements nécessaires sont lourds et peu rentables à court terme.
En effet, Pierre Victoria, directeur des relations internationales chez Veolia-eau nous explique que pour un Etat, il est plus simple de s'impliquer dans la distribution de l'énergie ou dans les grandes infrastructures, pour lesquelles la demande sociale est forte et qui peuvent être gérées de façon centralisée. L'eau est une ressource de proximité qui ne peut pas se transporter, elle doit être pensée localement.
La concurrence entre les différents usagers (ménages, industriels, agriculteurs) et le débat sur une meilleure utilisation et une juste tarification de l'eau iront croissant.

Pour l'heure, le gaspillage se poursuit. La moyenne des pertes enregistrées dans le monde à cause de fuites dans les réseaux de distribution s'élève à 50 %.
L'agriculture aussi dépense sans compter :
- 3 000 litres d'eau par personne pour produire une ration alimentaire quotidienne.
- 40 % de l'alimentation mondiale est produite par des systèmes d'agriculture irriguée alors que 20 % à 60 % de l'eau prélevée s'évaporent pendant l'opération.
Pourtant, l'irrigation n'a pas fini de se développer. Selon les Nations unies, la population mondiale aura besoin de 55 % de nourriture en plus en 2030. Alors que déjà 13 % de la population mondiale, soit 850 millions de personnes qui vivent essentiellement en milieu rural, ne mangent pas à leur faim.
La maîtrise de l'eau pour les cultures constitue la meilleure réponse à cette situation.
L'agriculture intensive est en cause, tout comme l'évacuation des eaux usées domestiques vers le milieu naturel sans aucun traitement. Selon le CME, le pourcentage d'eaux usées réellement traitées avant le retour au milieu naturel s'élève à moins de 10 % en Afrique, 14 % en Amérique latine et dans les Caraïbes, 25 % en Asie, 66 % en Europe et 90 % en Amérique du Nord.
- Devant le manque d'investissements publics, les institutions monétaires internationales ont encouragé la privatisation des services d'eau. La puissance publique doit définir les objectifs, l'entreprise privée apporter son savoir-faire.
- Les membres de l'ONU ont depuis 1999 reconnu le droit à l'eau dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, le droit à l'eau pure est un droit de l'homme fondamental. L'ONU regrette que ce droit ne soit pas traduit dans les législations nationales.
Pascal Berteau, directeur de l'eau au Ministère de l'écologie en France, explique que même si des procédures doivent être mises en place pour les plus démunis, l'eau est un bien public, chacun doit donc y contribuer à hauteur de ses moyens, sinon on risque des gaspillages importants.
Conséquences
Car lorsque l'eau manque, ce sont les femmes et les enfants qui sont chargés de cette quête perpétuelle d'eau potable. Ils sont par conséquents contraints à faire des kilomètres de marche chaque jour, ce qui les empêche d'accéder à l'éducation ou de participer au développement économique.
Loïc Fauchon, président du Conseil mondial de l'eau (CME) affirme que l'eau est le premier facteur de développement. Si on ne règle pas cette question, on laisse galoper des maladies qui déciment la population, mais on entrave aussi l'accès à l'éducation et la participation au développement économique.
Pour toutes les personnes impliquées, une seule certitude : l'explosion démographique en cours renforce la pression sur les ressources en eau de la planète. En 2020, 8 milliards d'habitants devront se partager les mêmes réserves. La pollution des eaux douces et les nombreuses activités humaines augmentent encore davantage les risques de raréfaction. Cette dernière implique une augmentation des coûts d'exploitation et de traitement pour l'approvisionnement en eau potable. Elle entraîne par la suite une dépendance accrue vis-à-vis de l'eau souterraine, exploitée sans tenir compte de son rythme de renouvellement, qui lui est extrêmement lent. Des techniques d'approvisionnement alternatives, comme la désalinisation des eaux salées, la réutilisation des eaux usées, la récupération des eaux de pluie, se développent.
Objectifs et attentes du Forum
L'objectif fixé par les Nations unies est de diviser par deux le nombre de personnes privées d'accès à l'eau potable et à l'assainissement d'ici à 2015. Il est entendu collectivement que l'accès à l'eau potable, c'est de disposer de 20 litres d'eau saine par personne, disponibles à moins d'un kilomètre.
La répartition de la ressource entre les différents utilisateurs (ménages, industriels, agriculteurs) et la lutte contre le gaspillage seront également au coeur des débats.
Pour atteindre les Objectifs du millénaire, 260 000 personnes supplémentaires devraient être raccordées chaque jour au réseau d'eau potable et 370 000 à l'assainissement.

Le thème central du forum de Mexico est des actions locales pour un défi mondial. Le directeur de l'Office international de l'eau (OIE), Jean-François Donzier, résume cette volonté de faire intervenir le local :"Cette ressource ne sera bien utilisée que si la gestion s'opère au plus près des utilisateurs.
Cette 'intégration des populations locales est une condition indispensable de la réussite. "Elles doivent impérativement prendre part à la construction et à la gestion des infrastructures", affirme Christophe Le Jallé, coordinateur du programme Solidarité-eau, qui travaille en Afrique.
L'aide internationale a un rôle très important à jouer pour les infrastructures, mais le fonctionnement doit être financé nationalement et localement. Pour le programme de Solidarit.-eau, c'est le meilleur moyen d'impliquer la population afin d'assurer le fonctionnement des infrastructures après leur construction. Et d'empêcher, comme il arrive souvent, que des réseaux soient laissés à l'abandon après leur construction, faute de volonté, de compétences locales et de moyens.
Le Conseil mondial de l'eau évalue les besoins minimum à 80 milliards de dollars par an pour les infrastructures de l'eau de l'ensemble de la planète… Un chiffre réaliste ?
JOURNÉE MONDIALE DE L'EAU 2006
22 mars - Journée mondiale de l'eau 2006 : l'eau et la culture
Chaque année, l'une des institutions des Nations Unies est désignée pour coordonner les activités liées à la célébration de la Journée mondiale de l'eau (JME) dans le monde entier, et un thème différent est choisi pour illustrer les multiples aspects des ressources d'eau douce. La Journée mondiale de l'eau 2006 sera organisée autour du thème : «l'eau et la culture» sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).
Nous construisons nos villes près de l'eau; nous nous y baignons; nous jouons dans l'eau; nous travaillons avec elle. Nos économies sont bâties sur la force de son courant et les produits que nous achetons et vendons ont tous un lien, plus ou moins direct, avec l'eau.
Nos vies quotidiennes prennent leurs racines dans l'eau et se façonnent par rapport à elle. Sans cette eau qui nous entoure, l'humidité de l'air, la force d'un courant, l'écoulement d'un robinet, notre existence serait impossible.
Au cours des dernières décennies, l'eau a baissé dans notre estime. Elle n'est plus un élément sacré, digne de protection, mais un produit de consommation que nous avons scandaleusement négligé. Notre corps est constitué d'eau à 80%, et elle recouvre deux tiers de la surface de la planète : l'eau est notre culture, notre vie.
Le thème «l'eau et la culture» de la Journée mondiale de l'eau 2006 attire notre attention sur le fait qu'il existe autant de façons de percevoir, d'utiliser et de célébrer l'eau qu'il existe de traditions culturelles dans le monde. Sacrée, l'eau est au cœur de nombreuses religions, et est utilisée dans différents rites et cérémonies. Pendant des siècles, l'art aussi a donné sa vision de l'eau, à la fois captivante et éphémère, à travers la musique, la peinture, l'écriture et le cinéma. Elle est également un facteur clé dans divers domaines scientifiques. Chaque région du monde consacre l'eau à sa façon, et chacune reconnaît sa valeur et son rôle central dans la vie de l'homme. Les traditions culturelles, les pratiques indigènes et les valeurs sociales déterminent la façon dont les populations perçoivent et gèrent les ressources en eau dans les différentes régions du monde.
En tant que point focal des Nations Unies pour la promotion de la diversité culturelle, l'UNESCO vise à préserver et à respecter la spécificité de chacune des cultures, en les rassemblant et en les étendant à un monde plus interactif et interdépendant.
UNESCO
Journée mondiale de l'eau 2006, Division des sciences de l'eau
1 rue Miollis, 75732 Paris CEDEX 15, France
2ème Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau.
SOMMAIRE :
- SECTION 1 - DES CONTEXTES CHANGEANTS
- Chapitre 1: Vivre dans un monde en pleine évolution
- Chapitre 2: Les défis de la gouvernance (Le PNUD, avec le FIDA)
- Chapitre 3: L'eau et les établissements humains dans un monde qui s'urbanise (UN-HABITAT)
- SECTION 2 - L'ÉVOLUTION DES SYSTÈMES NATURELS
- Chapitre 4: L'état de la ressource (UNESCO & OMM avec l'AIEA)
- Chapitre 5: Les écosystèmes côtiers et d'eau douce (PNUE)
- SECTION 3 - LES DÉFIS DU BIEN-ÊTRE HUMAIN ET DE DÉVELOPPEMENT
- Chapitre 6: Protéger et promouvoir la santé humaine (OMS & UNICEF)
- Chapitre 7: De l'eau pour l'alimentation, l'agriculture et les moyens de subsistance ruraux (FAO & FIDA)
- Chapitre 8: L'eau et l'industrie (ONUDI)
- Chapitre 9: L'eau et l'énergie (ONUDI)
- SECTION 4 - LES RÉPONSES EN MATIÈRE DE GESTION ET D'INTENDANCE
- Chapitre 10: Gérer les risques : pérenniser les acquis du développement (OMM, SIPC & UNU)
- Chapitre 11: Le partage des ressources en eau (UNESCO)
- Chapitre 12: La valeur et le prix de l'eau (ONUDAES)
- Chapitre 13: Approfondir les connaissances et renforcer les capacités (UNESCO)
- SECTION 5 - LE PARTAGE DES RESPONSABILITÉS
- Chapitre 14: Les études de cas ou comment évoluer vers une approche intégrée
- Chapitre 15: Conclusions et mesures recommandées
- Crédits photos
- Bon de commande
- Questionnaire
TEXTE disponible en intégralité en anglais sur le site de l'Unesco :
http://unesdoc.unesco.org/images/0014/001454/145405E.pdf