Les principaux pédagogues qui ont contribué à l'éducation nouvelle :
Ces pédagogues considèrent l'éducation comme un acte global de construction de la personne et non comme une simple retransmission de connaissances.
De nos jours, le sens de pédagogie renvoie davantage à la manière dont va se faire la formation d'un enfant qu'au contenu de la formation. Il s'agit des processus mis en œuvre dans l'acquisition de connaissances, de l'attitude et de l'action du pédagogue et de celui qui l'accompagne.
C'est à partir de ces différentes représentations de l'éducation et de l'apprentissage que sont issus les différents courants de pédagogies : les principales pistes qui s'ouvrent à l'élaboration d'une pédagogie sont de différencier que les savoirs seront instruits à un élève (notion d'enseignement) ou construits par une personne (notion d'autonomie de l'enfant).
En ce sens, la pédagogie n'est pas uniquement l'œuvre de l'enseignant. Elle serait plutôt l'ensemble des moyens (conscients ou non) que l'équipe éducative va mettre en place dans l'apprentissage des apprenants.
Certaines personnes estiment que l'éducation ne doit pas être imposée, sans quoi elle se révèle tôt ou tard inefficace et mauvaise pour l'individu, qui se place dans une situation de non-liberté et d'assujettissement. D'après elles, l'éducation doit se faire en groupe, sans supériorité, sans maître, tout le monde doit être élève. Le fait de déclarer savoir plus qu'un autre est déjà "une mauvaise éducation" : celle de la supériorité.
Jean-Jacques Rousseau
français, (1712-1778) avec l'Emile ou de l'éducation en 1762 considéré comme un ouvrage fondateur de la pensée éducative. Il met en avant la spécificité de l'enfant comme n'étant pas un adulte réduit mais bien un individu en développement dont les étapes doivent être respecter. Il considère le consentement et la libre expression comme étant des éléments essentiels de sa pédagogie du bonheur et de la liberté.
Pour plus d'informations :
http://ticeducation.xwiki.com/xwiki/bin/download/Main/Know0a/Rousseau.pdf
Johann Heinrich Pestalozzi
suisse, (1746-1827) va mettre en pratique les théories de Rousseau. Il travaillera notamment sur l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, sur la pédagogie des mathématiques et sur une approche des handicaps.
Pour plus d'informations :
http://ticeducation.xwiki.com/xwiki/bin/download/Main/Know0a/PESTALOZZI.pdf
John Dewey
nord-américain, (1859-1952), enseigne selon les besoins des enfants dans une école laboratoire dont les activités manuelles deviennent un support des activités intellectuelles. Il est le fondateur de la pédagogie du projet.
Ovide Decroly
belge, (1871-1932) est né en 1871. Il fait des études médicales en s’intéressant à la neurologie et aux maladies mentales.
Il s’attache à l’enfance anormale. En 1901, il fonde un institut pour les enfants anormaux. Il cherche à satisfaire la curiosité naturelle de l’enfant, à stimuler leur pensée.
Si ces principes fonctionnent chez des enfants dits « anormaux, » ils sont aussi valables chez ceux dits « normaux. » Il essaie de trouver autre chose que ce qu’il a subi en tant qu’élève.
Il place en priorité la vie en plein air et un enseignement basé sur centres d'intérêts. Il est le théoricien de la méthode globale de lecture. Selon lui, la pédagogie est un lieu d'expérimentation qui fonde la psychologie de l'enfant.
En 1807, il fonde l’école de l’Ermitage qui accueille des enfants communs. Il constate que ces enfants font beaucoup de progrès et son école est reconnue officiellement, positivement.
On part de la vie pour arriver à ce qu’on va étudier. L’étude d’un sujet passe par sa représentation concrète, par son maniement. On termine par l’abstraction.
La pédagogie de DECROLY est centrée sur __les intérêts des enfants__, sachant qu’ils ne sont pas les mêmes entre divers enfants et qu’ils évoluent au fil de leur existence.
« L’intérêt est le levier par excellence du développement de l’enfant. »
DECROLY décède en 1932.
Edouard Claparède
suisse, (1873-1940) s'est centré sur l'enfant et sur ses besoins. Tout acte doit être fonctionnel d'où un ouvrage, l'éducation fonctionnelle en 1931. L'élève doit comprendre le sens de ce qu'il fait. Apprendre est exercer son intelligence et acquérir des méthodes de pensée. Il se base sur l'importance des stratégies cognitives, de l'engagement et du sens de la tâche.
Maria Montessori
italienne, (1870-1952), commence à travailler avec des enfants autistes et met au point tout un matériel éducatif adapté à ce type de public qui, de plus, permet grâce à son utilisation de développer des compétences intellectuelles. Elle est l'inspiratrice des écoles maternelles françaises.
Pour plus d'information :
http://ticeducation.xwiki.com/xwiki/bin/download/Main/Know0a/MONTESSORI.pdf
Roger Cousinet
français, (1881-1973) établit son action sur la confiance en l'enfant, sur le respect de son activité spontanée. Il propose d'aider les élèves à apprendre en respectant leur démarche d'apprentissage en tant qu'élève et non par la logique du programme scolaire. C'est une pédagogie de la découverte et de l'acquisition des moyens d'apprendre.
Jean Marc Gaspard ITARD
__Histoire de vie__
Né en 1774 en France, il fait une première expérience dans une banque. A 15 ans, il se retrouve lors de la Révolution dans un hôpital militaire, voit naître une passion pour la médecine. Il devient ensuite chirurgien au Val de Grâce.
Un jour, par hasard, il est appelé par l’abbé Sicard pour voir un patient sourd-muet. Vient en lui une nouvelle passion et devient médecin chef de cette institution impériale des sourds-muets.
__Victor, l’enfant sauvage__
Quelques années auparavant, un enfant sauvage avait été capturé avant de s’échapper. Par un jour de grand froid, il entre dans une maison habitée à St Sernin et est à nouveau capturé. Il reste plusieurs mois à Rodez. Il est très farouche, mobile et cherche sans cesse à s’échapper. Cet enfant apparaît comme « le bon sauvage » de Rousseau. Il est rapatrié à Paris.
Certains pensent qu’il va pouvoir être éduqué mais ce ne semble pas pouvoir être le cas : il est très sale, ne cesse de bouger, se balance sans cesse, flaire tout ce qu’on lui présente, mord, égratigne ceux qui l’approchent.
La bourgeoisie parisienne se désintéresse de lui. Seul Jean Itard reste et s’en occupe. Certains (dont le Professeur Pinel) pensent que cet enfant n’est qu’un débile profond et rien de plus. Il aurait très bien pu être abandonné en raison de sa débilité.
Jean Itard pense que l’éducation peut tout et reste persuadé de l’éducabilité de cet enfant. Il pense que c’est précisément parce qu’il a été abandonné par ses parents, vers 4 ou 5 ans et parce qu’il a été isolé qu’il s’est trouvé privé de ses sens et de ses facultés intellectuelles.
Il a la conviction qu’il ne faut pas se laisser faire par la fatalité, dire que rien n’est possible. Il se propose donc de l’éduquer, alors qu’il a entre 11 et 12 ans. Il le prend chez lui avec sa gouvernante Mme Guérin avec le soutien financier de l’état. Il entreprend une éducation intensive. Il met en place une méthode inspirée de celle de l’Abbé de l’épée.
__Sa méthode pédagogique__
Il construit du matériel qui sera repris entre autres par Maria Montessori.
Ce que va faire Jean Itard, c’est de diviser les sens et travailler d’un côté l’ouïe, d’un autre l’odorat, etc. sans jamais les associer.
Comme il est sensible au son, il l’appelle Victor. Il s’aperçoit qu’il est dénué d’émotions. Il cherche donc à le faire pleurer pour le faire réagir, à lui faire sentir la joie ou encore l’injustice.
L’outil principal de Jean Itard est la patience et le temps.
Il espère que Victor arrivera à parler mais ça n’arrivera jamais. Jean Itard le ressentira comme un échec. Il essaie aussi de l’éduquer en lui faisant sentir la nécessité des choses, par exemple en l’éduquant à partir du lait que Victor appréciait particulièrement.
Il insiste toutefois pour respecter le rythme et les habitudes de Victor qui progressivement apprend à vivre comme les personnes sociales. Le fait d’apprendre avec intensité provoquera chez Victor des crises d’épilepsie.
Jean Itard fait associer des dessins avec des objets réels. Petit à petit, Victor développe des aptitudes.
Ce qui est fondateur chez Itard est le travail sur les sens de Victor. Cela inspire la pratique et la démarche sensorielle chez les éducateurs qui suivront.
On peut retenir de lui son pari d’éducabilité et son travail a inspiré Edouard Seguin, Wallon, Piaget, Montessori, …
Victor est mort à l’âge de 40 ans en 1828, Jean Itard en 1838.
Une illustration fidèle a été faite par François Truffaut : « L’enfant sauvage ».
A partir des notes de Sylvain CONNAC
Alexander Sutherland NEILL
Né en 1883 en Ecosse.
Il voyage beaucoup et fonde en 1921 l’école de Summerhill en Angleterre. Elle reçoit les enfants en mal avec les pratiques pédagogiques conventionnelles. Se regroupent des enfants caractériels et même certains délinquants.
Neill est inspiré de ses attirances anarchistes et réagit en contre-pied à l’éducation rigide qu’il a reçu. Il fait de la liberté et de la croyance absolue que l’enfant est bon les piliers de sa pédagogie.
Son école est proche de l’abbaye de Thélème imaginée par Rabelais qui est l’inverse de l’institution monacale de l’époque et est régie par le précepte : « fais ce que voudras. » (caractérisée par l’absence de murs).
Neill rencontre divers psychanalystes (Notamment Lane et Reich), la psychanalyse est un des supports de la pédagogie.
C’est le désir de l’enfant qui importe sans pour autant que cela signifie l’exercice du laisser-faire. C’est la vie sociale qui impose les règles à l’enfant.
Son école est très cosmopolite. En général, elle tourne avec 45 élèves, des garçons et des filles, de 5 à 16 ans. Ils sont logés à l’école dont la liberté est le principe général. La présence aux leçons est facultative.
Les quelques règles existantes le sont pour la bonne vie de la communauté. Elles sont proposées, décidées et votées à l’assemblée générale de Summerhill les samedis. Chaque enfant a autant de poids dans le vote que n’importe quel adulte. Il n’y a pas d’obligation de présence à l’assemblée. C’est là qu’on décide des sanctions à prendre.
Les anciens élèves de Summerhill sont devenus selon Neill, pour ceux qui sont restés assez longtemps, des travailleurs créateurs heureux de l’être, sans être des génies. Il vaut mieux devenir « d’heureux balayeurs de rue que des savants névrosés. »
Le désir de l’enfant peut-il être totalement exempt des désirs de l’éducateur ?
Neill ne courrait-il pas derrière sa propre enfance perdue ?
On peut se demander si l’expression pédagogie du désir tient vraiment la route.
A partir des notes de Sylvain CONNAC
Célestin Freinet
français, (1896-1966) est considéré comme le fondateur des méthodes actives pour les enfants de milieux populaires ou ruraux. Il s'appuie sur le dynamisme de l'enfant qui lui permet de se développer. Il a créé des techniques pédagogiques telles que l'imprimerie, les fiches de travail individualisé, le texte libre qui permet d'introduire de façon naturelle l'écriture et la lecture.
LES INVARIANTS PÉDAGOGIQUES DE FREINET,
http://ticeducation.xwiki.com/xwiki/bin/download/Main/Know0a/LES+INVARIANTS+DE+FREINET.pdf